“This is England” est vraiment un film épatant. Un regard social certain, un sens aigu et complexe de la réalité humaine des années quatre-vingt au pays de Margaret Thatcher. Une bande son authentique à donner la chair de poule.
Synopsis : “1983. Shaun, 12 ans, habite avec sa mère dans une ville côtière du nord de l’Angleterre. Garçon solitaire, c’est pour lui le début des vacances d’été, lorsqu’il rencontre un groupe de skinheads locaux. Avec eux, Shaun découvre le monde des fêtes, du premier amour et des bottes Dr Martens. Le ton change quand Combo, un skinhead raciste et plus âgé, sort de prison. Alors que sa bande harcèle les communautés étrangères locales, Shaun va subir un rite de passage qui le sortira violemment de l’enfance.”
L’angleterre des années quatre-vingt, ce sont mes années collège. L’été 83, c’était mon été de “rite de passage” entre l’école et le collège. J’avais donc l’âge du jeune Thomas Turgoose, à un an près. Je traînais à vélo avec Francis, Emmanuel et Michael. Je me souviens des Malouines au J.T. d’Yves Mourousi (“Bonjour !”) et de Marie-Laure Augry. Je me souviens surtout de mes profs d’anglais. Celui de Sixième au look très Skinhead, comme dans le film. Je me souviens aussi de mon premier voyage en 4ème. Trois semaines, une révélation. Moi aussi, j’ai immédiatement voulu ma paire de Doc Martens, comme dans le film. Je les ai achetées à Covent Garden lors de notre excursion à Londres. J’étais fier, ma première paire. Je rêvais d’une chemise Fred Perry ou d’une Ben Sherman, à une époque où ce n’était pas encore “pédésexuel” de porter ces marques. Enfin, je ne crois pas. Si ça l’était déjà, fallait me prévenir! Ayant épuisé ma pocket money avec les Doc, je me suis rabattu sur une imitation dans une boutique d’Oxford Street, “Mister Byrite”. Je me souviens encore du nom. J’avais précieusement conservé le ticket de caisse, collé dans mon Diary de l’époque.
“This is England” est vraiment un film épatant. Ken Loach ? Mike Leigh ? Non, Shane Meadows – un nom de réalisateur britannique à retenir que je ne connaissais pas. Shame on me. Ce film propose en filigrane un regard sur la crise industrielle, le chômage, les affrontements raciaux et le désoeuvrement des jeune des banlieues ouvrières du Nord de l’Angleterre. Le film touche au plus juste, il en devient presque un documentaire – alors qu’on suit l’été de ce pré-ado qui va devenir un homme. Le grain de la photographie est parfait pour transmettre l’époque. Cru comme ce film. La bande son participe de cette réussite. Raaaah, la musique des années 80 ! Tainted Love (Soft Cell), Come On Eileen (Dexys Midnight Runners), Louie Louie (Toots and the Maytals), Warhead (UK Subs), Morning Sun (Al Murray and the Cimarons). Les morceaux de Ludovico Einaudi au piano participent des moments émouvants du film.
“This is England” est vraiment un film épatant. Un portrait émouvant de l’Angleterre qui déborde de violence : économique, industrielle, politique, sociale, physique, psychologique, culturelle, musicale… Naissance de la haine, peur de l’autre, peur des autres. “This is England” c’est un cinéma britannique engagé, comme je l’aime. Prix du meilleur film aux British Independant Films Awards, prix du jury du festival de Rome, prix du festival de Paris en 2007. De bons indices incitatifs à voir le film, non ?
Un film “so British” : Skinheads oui, mais with a cup of tea. Comme ma première fois à Brighton où j’ai pris un Earl Grey tea et des Scones dans un tea room assi à côté de punks et de petites vieilles. A l’époque, ça m’avait marqué. Le thé, c’est sacré !
“This is England” est vraiment un film épatant, mais, avant tout, humain et généreux.
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Voici donc ce film sur l’Angleterre dont tu parlais. Je t’avais prévenu, je comprends vite mais il faut m’expliquer longtemps ![]()
Plus sérieusement, ta présentation du film me donne envie d’aller le voir.
Mouais mouais, je suis beaucoup moins enthousiaste que toi… Tout n’est pas clair dans le propos du réalistaeur, les facilités lui ont été parfois des béquilles, et de curieuses situations farfelues enlèvent le piment que j’en attendais. Mais les goûts et les couleurs…
Ayant vue la bande annonce, je vai courir voir le film
Ben moi je dirais comme toi… hormis ces 5 dernières minutes du film que je trouve inutile.
Un bon moment en tout cas, intense en émotions de toutes sortes. Un film à voir !
Je l’ai vu hier… J’en suis sorti ému. J’ai aimé pour l’évocation des années 80 telles que je me les remémore. J’ai aimé bien sûr le propos du film… Le cinéma social british restera toujours à part…
Oui, je peux dire que j’ai aimé ce film sans réserve.
Et le mec qui joue Woody (je ne connais pas les noms, moi;o)) est très mignon!
Ce film est génial !
L’affiche m’avait déjà branchée, mais là, tu me décides !
si ça n’est pas encore fait lance toi dans la critique de films
Les mots sont justes et correspondent exactement à ce filme très fort