Feb
29
Publié le 29-02-2008
Classé dans {lecture} par toli

La vie sexuelle d’un islamiste à Paris« Je vous invite à découvrir les péripéties d’un homme de quarante ans, ancien islamiste, démago et puceau, un peu arriviste, mais ô lecteur, qui s’émancipe de sa mère. Sa mère qu’il aime de tout son cœur. » Mohamed, banquier, pieux musulman et expert en religion, a pris une décision aussi secrète qu’irrévocable : déménager de Saint-Ouen où il vit toujours avec sa mère pour Saint-Germain-des-Prés, et en finir avec l’abstinence sous toutes ses formes… Avec cette autopsie implacable de l’univers d’un homme entre cultures, ligoté par la religion, la famille et la mère toute-puissante, Leïla Marouane s’affirme comme la romancière la plus originale et la plus inspirée pour dépeindre les inhibitions et les tabous sexuels. (présentation de l’éditeur)

Il faut dire que lorsque j’ai lu ce titre osé dans “mon” Netvibes, j’ai cliqué sur l’Oreille cannibale, le blog de Qalawun , pour en savoir plus. Et j’ai commandé le livre. Le titre a  vraiment fait son effet dans le métro, dans le TGV, au bureau. Tout le monde me regardait du coin de l’oeil… Je me demande si le titre ne dessert pas le roman. Roman que j’ai vraiment apprécié. Pour le rapport mère-fils, noyau central de l’histoire. Pour le poids de la famille et de la religion. Pour les repères culturels parisiens : Saint-Sulpice, le Café de Flore, Rue de Rennes, Boulevard Saint-Germain, rue Saint-Placide, rue du Cherche-Midi, Rue de Sèvres. Le 6ème arrondissement est bien campé. Pour les non-dits aussi : double vie (Mohamed Ben Moktar se renomme Basile Toquard), contraintes sociales, etc. C’est une écriture subtile, simple mais direct et anatomique qui fait sourire souvent. La mère asphyxie la prunelle de ses yeux (à savoir son fils) d’appels téléphoniques quasi-obsessifs. Lui, ment à sa mère. Quand il chuchote au téléphone parce qu’une femme dort à ses côtés, il explique à sa “maman” que “le chat dort”. Lors d’un autre appel que le “chat est parti” ! Choisir de vivre sa vie pour soi-même et pas pour sa mère, sa famille, ou des principes religieux, c’est le propos du roman qui aurait pu s’intituler : “Le Sultan de Saint-Germain”. A lire.

Morceaux choisis

“Résolu à prendre en main ma vie telle que je l’entendais, reprit-il, ni dieu ni maître, ni femme ni enfant, me répétais-je avec une soudaine jubilation, j’ai fini de boire mon café et rincé la tasse.L’instant d’après, je sillonnais l’appartement, l’esprit figé, ne sachant comment évacuer cette anxiété qui ne se décidait pas à me lâcher. J’ai farfouillé dans mes poches à la recherche du Lexomil, puis, me rappelant ma détermination à en finir avec ses drogues, j’ai renoncé. (p.66) Mais, dit-il, au moment du thé à la menthe, la voix à mon oreille gauche chassant les acouphènes de la droite, je me suis lancé. – Je vais habiter à Paris, ai-je dit en fixant les makrouts qui suaient le miel et le beurre. [...] – Tu veux me quitter alors que tu n’es même pas marié ? a fini par lâcher ma mère. (p.142-143) L’instant d’après, je sombrais dans un sommeil proche de la mort. (p.195) Une “ex”, c’est quelqu’un qui vous aura vidangé dans les règles. [...] Une “ex”, c’est quelqu’un qui s’est donné sans fatigue et sans compter. (p.232) Qu’est-ce qu’un écrivain sinon une concierge, ma mère, qui se nourrit de la vie des autres ? (p.295)

La Vie sexuelle d’un islamiste à Paris
Leïla Marouanne
Albin Michel

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Feb
02
Publié le 02-02-2008
Classé dans {citations, lecture} par toli

Le sexe se parle et s’écoute. Il n’existe dans le tissu humain aucun autre point de contact où fusionnent si étroitement les composants neurochimiques et ce que nous considérons comme les circuits de la conscience et de l’inconscient.” “Les Livres que je n’ai pas écrits“, George Steiner

Oui, le sexe se parle. Se susurre même. L’image s’épanouit à l’intérieur du son. Une tournure de phrase, une expression particulière – comme le célèbre “faire cattleya” de Proust – peuvent suffire à accélérer le rythme d’une respiration… “Presque un mélo” : la rhétorique du désir, Florence Noiville, Le Monde des Livres

“Presque un mélo” : la rhétorique du désir
LE MONDE DES LIVRES | 31.01.08
© Le Monde.fr

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Jan
11
Publié le 11-01-2008
Classé dans {citations, lecture, société} par toli

Sexualité, érotisme, gravures libertines (…) l’esprit s’échauffe ou s’enflamme. Ce midi, pendant ma pause déjeuner, j’ai lu Le Monde des Livres daté du 11 janvier 2008. En page 8, un papier signé Patrick Kéchichian sur un essai d’Alain Corbin : L’Harmonie des plaisirs – les manières de jouir du siècle des Lumières à l’avènement de la sexologie. Alain Corbin explore les discours sur le plaisir, depuis l’époque des libertins jusqu’à l’avènement du discours scientifique.

Extraits

Sur la mécanique secrète de la jouissance elle-même, les considérations abondent. (…)

Des “affres du manque et de l’excès” aux “plaisirs factices” et à la “fraude conjugale”, de la continence qui consume, à l’onanisme, ce “funeste penchant” qui mène aux “sourds désespoirs”, aux “suicides inattendus” et aux “gloires avortées”, les objets de réflexion et de crainte ne manquent pas. Les accents lyriques ou angoissés non plus… Julien Joseph Virey, en 1817, assure par exemple que “le coït absorbe entièrement l’âme et le corps ; on n’entend, on ne voit plus rien ; tout est mort, excepté le plaisir ; l’âme est tout entière dans le sens de l’amour ; on a vu des personnes perdre la vie dans cette crise”.

“L’homme savoure son bonheur par tous les sens ; les pulsations de son coeur donnent le signal du plaisir à toutes les parties de son corps ; ses baisers plein de feux appellent la volupté, il la voit de ses yeux colorer de roses les lys de l’épouse qui palpite dans ses bras… Il jouit avant la jouissance !… Il se livre enfin à toute l’étendue de ses transports, lorsque l’Amour, en fermant la paupière de celle qui les excite, annonce qu’il va leur ouvrir les sources du plaisir…” Exemple de discours médical – Louis François de Lignac, 1772.

“Dans la jouissance de l’amour se mêle une souffrance très réelle quand on aime fortement : l’impuissance de pénétrer l’âme de celui qu’on aime. Dans les courts instants du plus entier abandon intime et de la confusion des deux amours, on est en possession du corps, mais on ne possède de l’âme que ce qui s’échappe par les yeux et ce que la parole en livre. Mais ce n’est pas encore l’âme tout entière (…) De là l’immense tristesse, inexplicable, qui se glisse dans les moments des plus intimes épanchements, et qui domine la fin des plus vifs moments de bonheur. Ce n’est pas la satiété mais l’irrésistible désir d’aller au-delà et je ne saurais m’expliquer pourquoi je n’ai désiré plus vivement mourir que quand j’étais heureuse…” Exemple de discours religieux – Amélie Ozanam, vers 1860.

Alain Corbin : histoire sensible des jouissances
LE MONDE DES LIVRES | 10.01.08

© Le Monde.fr

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Jan
06
Publié le 06-01-2008
Classé dans {citations, lecture, musique} par toli

Bougon, grognon, ronchon, de mauvaise humeur ? Pourquoi est-on tenté de voir le mauvais côté des choses, de trouver que tout va ou va aller encore plus mal ? J’en connais certains qui parleraient d’une morosité chagrine, d’une indicible douleur, d’une éternelle insatisfaction. D’autres, plus tournés vers ces chanteuses vénérées par les gays, parleraient d’un désenchantement ou d’une absence de “positive attitude”.

C'était Mieux AvantLaudator temporis acti. C’était mieux avant. Les enfants étaient bien élevés, cultivés, grands lecteurs. Tout le monde était plus beau. Aujourd’hui, tout va mal. Hier déjà et avant-hier, aussi. Demain, n’en parlons pas… En relisant trente siècles de ronchonnements, de regrets lancinants, d’appréhensions, Lucien Jerphagnon a choisi, traduit, commenté les plus belles perles du pessimisme générationnel. Des Grecs, des Latins, des gens du Moyen Age, de la Renaissance, etc., et même de quelques contemporains. C’est l’empire du pire. Un petit livre noir qui redonne des couleurs à notre époque. Homère d’alors, résume Jerphagnon.”

C’est en fouillant les rayonnages de la librairie Julliard que je suis tombé sur “Laudator temporis acti. C’était mieux avant.” Le titre a attiré mon attention. Achat immédiat de ce tout petit livre. Une fois sorti, j’ai réalisé que je venais d’acheter un des livres du mari de ma prof d’espagnol de lycée. Celle à qui je dois vraiment beaucoup : une bonne partie de mes méthodes de travail, ma rigueur, mes premières expos parisiennes aussi, la découverte de la Maison de l’Amérique latine, du Petit Palais, du grand Palais.

“Laudator temporis acti. C’était mieux avant”, c’est 173 pages de citations à travers les siècles, 15 thèmes dont l’amour, la vie de famille, la politique et les politiciens, le bonheur, la sottise, les religions, la mort, la décadence, etc. Un petit bijou à lire et relire tellement il est amusant de constater à quel point tristesse, spleen, désillusion, pessimiste, amertume, malheur et mauvaise foi traversent les époques et les modes. “Laudator temporis acti : C’était mieux avant…” de Lucien Jerphagnon, éditeur : Tallandier. A lire ou à offrir.

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Je sens le temps qui se décline.
J’ai l’impression d’être impuissant.
J’ai des montées d’adrénaline
Et je me fais machinalement du mauvais sang
Mais je m’obstine
Et je me reprends.
Je me sens résistant, à présent
Et j’essaye de passer l’épreuve du temps
Jour après jour, à cent pour cent.
[ Sinclair, L'épreuve du temps, 1997]

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Dec
31
Publié le 31-12-2007
Classé dans {Non classé} par toli

2007 de A à Z. Petite rétrospective subjective. Retour sur 12 mois. Fouillez les archives pour décrypter ces quelques mots clés.

A Alex Beaupain (et ses chansons d’amour), Audrey, Avignon, amitiés (les nouvelles et les solides) B The Bubble, Barbra Streisand, la Biélorussie, Brighton, des bisous, du blogcrossing, Bookpacker, Beur-Boy C choisir, Cocoon, chantilly, Chapo, Claude, the Chemical Brothers, couette attitude, chocolat D Dragibus, déception politique, Daphné, désirs, Ditom, décider, David Poe E Eytan Fox, essoreuse à langues, émotions F François, Facebook, Florence Foresti G Gay Pride, gauche, Glastonbury, Gonzague, gourmandises, grèves H Virginie Hocq, Hôpital I S’inquiéter, Ivri Lider, Indétendances, L’Isle sur la Sorgue, Incipio, Imprévus J Justin Nozuka, Junior Suite, Jérémy K Kiss You Off (Scissor Sisters), Keren Ann, Kinoo L Ladurée, Lollipop Boys, larmes, London, Last.fm, Lionel, Ludo M MERCI, Mika, Michaël, Mamie Gâteaux, manquer, Montpellier, Mah Nà Mah Nà , Mark et Morgane, macarons N Noël, Nina Bouraoui, Nivea, Justin Nozuka, Netvibes, Nico O Once Upon A Dream (TKTh), On My Way (Cocoon), Oh Momma (Justin Nozuka) P Pleurer, Parfums d’intimité, Ping Pong, Pierre Lapointe, Provence, plaisirs partagés Q Equus, Question d’envie R Romain, rencontres de bloggueurs, Ratatouille, Renan Luce, rhombicuboctaèdre S Sophie, la Suisse, Soulages, Susheela Raman, Sneaky Sound System, Solférino T Tip Top Boys (TTB), TKTh, Timju, Till, Brönner, Twitter, TRO, Thomas This is England U Urgences, Until Dawn (Sophie Zelmani), U-Turn (AaRON), Una Notte A Napoli (Pink Martini), Under Your Charms (Josh Rouse) V Vincent, Vélib, vieuxcestmieux, Vanessa Paradis (avec Thomas), Vingt cinq W Rufus Wainwright, Bloggers’ Week X xxx Y Yelle, Yummy Yummy Z Zazie (avec Pingui), ZéroJanvier, du Zizi au Pénis, etc.

Je blogue… mais pourquoi ?
Un petit rappel qui me semble toujours aussi juste.

  • pour moi
  • pour grandir, oui grandir mais pas trop vite, pas tout de suite
  • pour découvrir et faire découvrir, pour partager
  • pour participer et échanger, en ligne, ou mieux.
  • pour le plaisir, tout simplement.

“Les mots des autres”
Un petit mot que j’avais envie de partager avec vous. Un petit mot qui me permet d’annoncer après la série “les photos des autres”, une nouvelle série : “les mots des autres”. Celui-ci est un peu particulier puisqu’il parle de…moi. (smiley qui rougit ^^). Ce ne devrait pas être le cas des prochains. A suivre.

Comment ne pas être touché par sa sensibilité ? Comment ne pas discuter jusqu’à trois heures du mat’ de musique, de films, de livres, de macarons avec cet homme de goût, cet homme curieux de tout. Qui vit les yeux grands ouverts. Pour découvrir sa sensibilité et sa curiosité, son envie de voir tout ou presque et son regard d’enfant intact, bien là, c’est bien simple rendez-vous sur son blog Absolutely Awesome music, macarons, pictures, tears and FRIEND. [3foisrien]

 

Merci à tous les lecteurs occasionnels ou assidus de ce blog, lecteurs anonymes et discrets, à tous les commentateurs.

Merci à vous tous.

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