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Envoûtant. Dès les premières notes de musique du groupe islandais, tout se met en place : bougies, ombres et lumières indirectes, ballons suspendus. Dans la pénombre, les fans fidèles et fervents sont recueillis et attentifs dans ce Zénith blindé. Belle performance planante. Je reste tout autant fasciné qu’en juillet 2006 – ma première communion avec Sigur Rós à l’Olympia.
Le timbre du chanteur, Jon Thor Birgisson, est toujours angélique. Il chante tantôt en islandais, tantôt en hopelandic, sa langue imaginée. Les paroles ont peu d’importance, tout est dans la musique. Jonsi parvient à hypnotiser les fans en une seule seconde. Sa voix est juste parfaite du début à la fin. Re-mar-qua-ble. Il nous transporte dans son univers, une rêverie intimiste. Son archet de violoncelle glisse sur les cordes de sa guitare électrique. Il en use plus d’un, d’ailleurs.
Les jeux de lumières et les projections sur grand écran en fond de scène participent à l’expérience quasi-religieuse entre berceuse hypnotique et transe. La setlist permet de satisfaire le plus grand nombre : un juste milieu de tubes attendus et de morceaux du dernier album. Sigur Rós joue avec nos émotions ; passe de morceaux calmes à d’autres plus rythmés. Le public se laisse envahir, à la limite de l’hypnose collective.
Je me laisse bercer par les airs délicieux, par cette douceur ambiante. Frissons garantis un titre sur deux, en ce qui me concerne. Le voyage imaginaire se construit. Pour Sæglópur, un rideau de pluie vient ajouter à la sensibilité ambiante et palpable entre la scène et les adeptes parvenus à s’approcher de la Sainte sCène. Un mélange hors du commun.
Cette fois-ci, le groupe n’était pas accompagné du quatuor à cordes et les quatre jeunes islandaises du groupe Amiina m’ont manquées. Leurs violons, xylophones et autres bidouillages étaient remplacés par des tambours colorés.
Il y a vraiment quelque chose de l’adoration, de la communion dans les concerts de Sigur Rós.
Un début de soirée à 100% hypnotique, atmosphérique, magique
Setlist Sigur Rós, Le Zénith, Paris 15.11.2008
1 Svefn g Englar 2 Ný Batterí 3 Fljótavik 4 Við spilum endalaust 5 Hoppípolla 6 Með Blóðnasir 7 Inní mér syngur vitleysingur 8 Sæglópur 9 E-bow10 Festival 11 Hafsól 12 Gobbledigook 13 All alright 14 Popplagið
Sigur Rós sur mon blog
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Ain’t no sunshine, le mythique titre soul de Bill Withers, repris en session acoustique par la magnétique et thaumaturgique Asa, la révélation pop de la soul nigérianne. Absolutely Awesome. Mon enregistrement vidéo :
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Ma grand-mère a 87 ans. Grand-mère, deux fois. Arrière grand-mère, quatre fois pour l’instant. Aujourd’hui, j’ai vu ce petit bout de papier près du téléphone. J’ai constaté l’écriture de plus en plus hésitante. C’était émouvant.
Jeudi dernier, elle a dû prendre son stylo pour écrire les prénoms de ses quatre arrière-petites filles – par ordre chronologique. La dernière, Melissa, est née le 10 juillet 2008. Elles ont 87 ans d’écart.
You’ve got to be taught to hate and fear
You’ve got to be taught from year to year
It’s got to be drummed in your dear little ear
You’ve got to be carefully taughtYou’ve got to be taught before it’s too late
Before you are six or seven or eight
To hate all the people your relatives hate
You’ve got to be carefully taughtCareful the things you say,
Children will listen.
Careful the things you do,
Children will see.
And learn.Carefully Taught / Children Will Listen [ Barbra Streisand ] Live in concert 2006
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Automne 2007. Découverte de Mademoiselle K. Ça se passe dans le 19ème, avenue Simon Bolivar et passage Gauthier. Ce groupe va rester associé à ces deux lieux, à ce resto et ces soirées entre amis – mélange de bonnes bouffes et de bons vins. Je découvre les chansons du premier album, sorti en 2006 : “Ça me vexe”.
Printemps 2007. Découverte de de Mademoiselle K en live. Ça se passe dans le 18ème, boulevard Rochechouart, à la Cigale. Une voix derrière le rideau rouge. La salle pétille. Le dancefloor trépide. Et c’est parti pour deux heures de concert rock et puissant. K(aterine) et trois musiciens sont déjantés. Ils mélangent les morceaux de “Ça me vexe” (2006) avec des morceaux du prochain “Jamais la paix” (sortie prévue fin mai 2008). Alors forcément, le public se déchaîne sur les titres connus, et plutôt attentif aux nouveaux. La survitaminée et “100% nature” Mademoiselle K électrise ses fans. Son look RE-Belle tout en cuir aide à mobiliser tous les regards. Un concert aussi énergique transmet un petit grain de folie à chaque spectateur. ça sautille dans tous les sens. Vibrement des coeurs et vibrations des corps garantis.
Setlist incomplète et dans le désordre : Le Vent la Fureur – ASD – Le Cul Entre Deux Chaises – Click Clock – L’Espace – Ça me vexe – Jalouse – Crève – Tea Time – Jamais La Paix – Espace – Grave – Ça Sent l’Ete – A Côté – Enjoliveur – Maman XY – Alors je Dessine – Final – reprise de Space Oddity de Bowie
Mademoiselle K sera :
Fait chaud
Ça sent l’été
Le capes que j’ai râté…
Plein de petits trucs comme ça
Des petits chocs des drames à moi
Maintenant je rumine rumine tout ça
Le ventre plein d’glaces et d’chocolats
Ah si j’étais aux Etats-Unis
J’pourrais m’acheter un gros fusil
Et faire péter les têtes
Des gars qu’j'ai eu au jury
On m’appelle pas, on m’invite pas
Dans les soirées watchi watcha
Je dois pas sentir comme il faudrait
L’argent et le succèst ça me vexe et ça me vexe
Et ça me vexe et ça me vexe
Putain la vie c’est court et puis, en plus, après on meurt
Alors arrête un peu d’râler et d’dire qu’tout ça c’est pour du beurre
Y a bien un sens ça j’en suis sur
Mais qui a dit qu’c'était pas dur ?En attendant
Reste là
Ne bouge pas
Souris la vie est bête
Profite un peu mon gars
Fais plus cette tête
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Châtelet-les Halles, quai du R.E.R. Un samedi de février. Nos regards se croisent. Une demi-seconde plus tard, je me retourne et l’observe à nouveau. Je vois qu’elle me scrute, pour ne pas se tromper. Nous nous sourions. Une jeune femme brune, maquillée, habillée en noir. Je décide d’aller lui parler. Elle m’a reconnu. Je la devine. Je me souviens d’elle, pas de son prénom. Et ça recommence. Sans prévenir, sans crier gare. Des bribes de ma (mes) vie(s) d’avant. “Monsieur Toli, c’est bien vous ? Je vous ai tout de suite reconnu !” Comprendre que je n’ai pas changé ! Evidemment, j’ai un peu plus de mal à retrouver son prénom perdu parmi plus de 2 000 autres. Je lui demande. Elle me répond. Et là, immédiatement, comme une odeur, comme un parfum : le flash. Tout me revient : son nom de famille (je lui dis, elle paraît surprise), ses notes, sa classe, les élèves remarquables de la classe, les meilleurs comme les moins bons, les profs de la classe, le collège. Tout sauf l’année. Elle m’aide : 1998. Il y a tout juste dix ans. Elle avait 13 ans. J’en avais 26. On prend la même direction. 40 minutes à discuter des élèves et des profs, ceux dont on se souvient et pourquoi, ceux dont on a des nouvelles. On doit tous quelque chose à un professeur. Je dois beaucoup à mes élèves. Moins à mes collègues, beaucoup moins. Elle me déclare qu’elle aimait mes méthodes en cours, qu’une fois au lycée, elle s’est ennuyée ferme en anglais. Un de ses meilleurs souvenirs de prof. Elle se souvient d’un 19 sur 20 où j’avais ajouté “I’m proud of YOU” sur sa copie. “So Glad to See You“, Samira.
Châtelet-les Halles, quai du R.E.R. Même endroit, il y a plus d’un an, j’ai fait une rencontre en tout point similaire. Une jeune femme, dix ans en arrière. Autre collège, autre contexte. Mon tout premier poste, dans un établissement difficile et violent, évidemment. Souvenirs partiels : le concours gagné par Julie, la publication dans un magazine, les cours “sur internet” dans le bureau du chef d’établissement (seul ordinateur connecté accessible). “So Glad to See You“, Souhem.
Autre lieu, plus virtuel, celui-là. Un site de rencontres. Il y a quelques mois déjà. Un jeune homme de 22 ans me laisse un message. “Scusez moi, vous êtes pas un prof que g eu ?” J’avoue que ça m’a bien fait sourire ce vouvoiement inattendu. LE seul mec à me vouvoyer sur ce site ! Pour le coup, lui, je ne l’ai pas reconnu. Après quelques échanges, j’ai, avec son aide, retrouver la ville, le collège, la classe et l’année : 1997. Un bon élève, plutôt doué en anglais. La curiosité passée, nous ne nous sommes pas rencontrés, malgré une forte proximité géographique. Discussion close. “So Glad to See You“, Medhi.
Samira, l’étudiante en journalisme. Souhem, l’aide soignante. Mehdi, l’étudiant en éco. Joséphine, la comédienne débutante. Régis, le prothésiste dentaire. Mathieu, le mari d’une des chanteuses “les plus populaires de France”. Nicolas, celui qui tourne avec des artistes français qui montent. Je me souviens des visages et des prénoms : Valentin, Adrien, François, Alexis, Geoffrey, Oliver, Ravi, et tous les autres…
Un brin de nostalgie et un brin de fierté. J’aime savoir ce qu’ils sont devenus. J’aime les croiser par hasard. J’aime l’idée qu’ils se souviennent encore de moi. J’aime l’idée de les avoir marqués, comme ils m’ont marqué. J’aime l’idée de leur avoir donné envie.
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