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Rita Mitsouko Acoustique
“Les histoires d’amour finissent mal en général.”
Lastminute.com, leader européen du voyage et des loisirs en ligne, voit la vie en rose depuis quelques jours dans le métro et dans les rues de Paris, et sur son site web. La société profite de l’omniprésence médiatique du Président de la République pour faire sa publicité en s’inspirant des frasques de Nicolas Sarkozy. “On n’a pas tous un ami qui nous prête un yatch”. “Il n’y a pas que les parcs d’attraction pour commencer une histoire d’amour”. “Cet été, la France qui se lève tôt sera la première sur la plage”. “Offrez-vous des vacance bling-bling”. Du rose, de l’impertinence et un soupçon d’ironie, juste comme j’aime. Une campagne de comm’ concoctée par La Chose. Bravo !
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Le sexe se parle et s’écoute. Il n’existe dans le tissu humain aucun autre point de contact où fusionnent si étroitement les composants neurochimiques et ce que nous considérons comme les circuits de la conscience et de l’inconscient.” “Les Livres que je n’ai pas écrits“, George Steiner
Oui, le sexe se parle. Se susurre même. L’image s’épanouit à l’intérieur du son. Une tournure de phrase, une expression particulière – comme le célèbre “faire cattleya” de Proust – peuvent suffire à accélérer le rythme d’une respiration… “Presque un mélo” : la rhétorique du désir, Florence Noiville, Le Monde des Livres
“Presque un mélo” : la rhétorique du désir
LE MONDE DES LIVRES | 31.01.08
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Chris Garneau @ Fondation Cartier, Paris | 17.01.2008
Toutes les photos de Rod – LeHiBoo.com, sur Flickr
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We Don’t Try
Le 19 novembre dernier, j’écrivais un post “découverte musicale” sur ce jeune pianiste new-yorkais à la voix fragile, vibrante et sensuelle. Je découvrais tout juste Music for Tourists (avec un an de retard) – album produit par Duncan Sheik. Un univers ouaté et intime, un piano lent, mélancolique, sensible. J’achetais ma place. J’incitais tout le monde à en faire autant. Chris Garneau s’est produit hier soir, en exclusivité à la Fondation Cartier.
Une floppée de bloggueurs avait décidé de venir. Nous aurions dû être onze. Une tête de linotte et deux désistements plus tard, nous nous sommes retrouvés avant le concert : Kangel, Vincen-t, Incipio, Matoo, JonathanD, Artypop et Brice. J’ai reconnu le talentueux photographe Rod Hiboo.com que je suis allé saluer et qui en a profité pour me fisheyeriser.
Recommander un artiste qu’on n’a jamais vu est un peu stressant. Je pèse ma part de responsabilité : Vont-ils aimer ? Seront-ils déçus ? Vais-je aimer autant que l’album ? Il devait y avoir une soixantaine de personnes dans la salle. Au tout début du concert, une partie du public s’est assis sur le carrelage blanc très froid. Par moment, le son saturait un peu. Il faut dire que le lieu n’a pas ajouté à la magie aérienne de cet artiste totalement habité par son propre univers. Parce que je le trouve Absolutely Awesome, j’aimerais vraiment revoir Chris Garneau dans de meilleures conditions, à la Flèche d’Or, au Point éphémère ou bien à l’Européen peut-être. Je crains que la Cigale le mois prochain ne soit vraiment pas adapté à son côté intimiste. J’espère que ce sera une des révélations 2008.
Chris a très vite su nous charmer. Il nous a hypnotisé avec son français : “il fait chaud… j’ai soif… bière… lucioles… merci“. Une pointe d’accent, juste ce qu’il faut pour craquer. La douce mélancolie de la voix est bouleversante quand il se met à chanter Black & Blue :
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Black & Blue
ohhh ohhh, cos I’m scared of growin old
ohh oh ohh, don’t return the love I gave you
ohhh oh oh, you’re still my favourite
Il est émouvant et beau. Une heure de rêverie, une heure dans les nuages, une heure au paradis en compagnie de ce magicien musical. Si vous aimez Elliott Smith, Cat Power, Cocoon, Sufjan Stevens et Tom Mac Rae, vous adorerez Chris Garneau.
Ils en parlent aussi : incipio – vincen-t – artypop - Brice – Rod
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Un road-movie suisse à découvrir et à laisser mûrir avant d’en parler. Première impression en sortant de la salle plutôt mitigée. Difficile d’en parler en bien le lendemain. Pourtant en y repensant, j’ai apprécié ce petit film d’auteur, simple, direct, un peu brouillon, bourré de spontanéité.
Lionel Baier, c’est le scénariste et le réalisateur. Lionel Baier, c’est aussi le personnage principal du film : un Suisse homo, jeune écrivain, chroniqueur culturel à la Radio Suisse Romande, qui vit à Lausanne, avec Serge. Serge, quelqu’un de solide, tout l’inverse de Lionel. Son quotidien, sans doute trop tranquille, calme et routinier, ne lui suffit plus. Lionel doute, se cherche, se pose des questions sur qui il est vraiment, d’où il vient. Il semble même vouloir changer d’identité. Sa famille ne lui suffit plus. Il questionne son père, pasteur vaudois, sur ses origines. Seule réponse : “canton de Vaud”. Lionel entretient avec sa soeur Lucie des rapports privilégiés (à noter quelques petites perles au niveau des dialogues). Lorsqu’il apprend par hasard que son arrière grand-père était polonais, sa vie se transforme en un instant en une série de boulversements. Il est poussé à choisir une nouvelle vie. C’est sa soeur qui décide sur un coup de tête de partir “comme des voleurs” à la poursuite de leurs origines.
L’essentiel de l’action se passe alors sur la route. Chaque étape est ponctuée de lieux symboliques, d’aventures rocambolesques et de rencontres cruciales. Lionel rencontre Micha un jeune étudiant de Cracovie qui étudie le français, qui aime la vodka et les garçons. Les petites histoires du film permettent au frère et à la soeur de mieux se découvrir et de se trouver. On rêve tous d’une vie qu’on n’a pas. Le voyage en Pologne offre à Lionel cette nouvelle vie éphémère. Un temps fictionnel au milieu du réel. Une part de frissons dans une vie morose et rangée. Un cinéma de voyage initiatique.
Les gens que l’on croise sur la route permettent souvent de se réinventer, de se redéfinir, d’actualiser sa propre identité. Peu à peu, Lionel Baier parvient à modifier les frontières de vie de ses personnages. Il gomme leurs préjugés, modifie leurs sexualités, tire un trait sur leurs sentiments, range et dérange leurs identités dans un jeu de piste sans réelle fin.
Comme des voleurs (à l’Est) est le premier volet d’une tétralogie consacrée aux points cardinaux et à l’Europe. L’idée est de cartographier une Europe des sentiments. A suivre donc…

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De Time To Say Goodbye à Time To Remember.
Dès que j’ai pu, je me suis construit une famille. Une famille “en dehors”, une famille en or. Les hasards de la vie. Je l’ai rencontré à 16 ans. Lui, puis ses filles et leurs enfants, ses voisins, ses amis. C’est très vite devenu “my second home“, “my only home“. J’y passais quatre mois par an. J’ai fini par augmenter la dose. Un hiver. Un printemps. Un été. Une année. Des allers-retours réguliers. Des étés. Des années. Peu à peu, les souvenirs et les anecdotes se sont accumulés : les incontournables barbecues, les soirées alcoolisées, le shopping à Tunbridge Wells, à Ashford et à Bluewater. Les concerts de plein air, l’été. Le concert mythique de Barbra Streisand à Londres en avril 1994. La maison toujours accueillante pour Alex, Tuomas, Vieri, Yann, Yens, Antonio, PierMaurizio, Ludo, Natasha, Chris, Audrey, Mélanie, Sophie, Amélie, Stephan, Chris, Susannah, Alessandro, Arnaud, Alain, Michael et tous les autres de passage le temps d’un voyage. Pavarotti à fond le dimanche matin, Pâques 1995 (avec Elsa, Kit et Yann) et New Year’s Eve 1999. Ma mémoire est sélective. Qui ne se souvient pas de ses Christmas decorations – TOTT, Totally Over The Top. Puis il a dû vendre la maison pour un appartement avec vue sur la mer… Le début de la fin.
La fin est arrivée un jour de Noël. Il est mort, au volant de sa voiture, le 25 décembre 2004. Son coeur a lâché subitement : “a massive heart attack“. Trois ans déjà que j’associe Noël à ce tragique moment. Les fêtes de fin d’année raniment ce souvenir. Le poids du souvenir.
Nous étions prévenus depuis des années. Il avait choisit la musique pour le jour de ses funérailles. Ce fut un des moments les plus douloureux et les plus forts : entendre “Con Te Partiro / Time To Say Goodbye” au Hastings Cemetery and Crematorium, ce fameux 6 janvier. La musique à l’endroit annoncé. Fontaine de larmes assurée… Je savais que plus rien ne serait comme avant, qu’une page se tournait pour nous tous. Le chef de tribu nous abandonnait. Il n’y aurait plus de moments fédérateurs dans ce coin de l’East Sussex.
Nous avons fait installer un banc mémorial avec vue sur la mer, un banc à la mémoire de Peter. Ce sont ces bancs avec des petites plaques “In Fond Memory Of…“. Son absence définitive n’a pris sens à mes yeux que le jour où je suis allé m’asseoir sur ce banc. Un matin de début août, cet été.
The bench is in place, over-looking the sea, the sun is up and the sky is blue. Looking at the beach brings back plenty of good memories of summers with you guys.
C’est tout ça qui me manque tant. Le sentiment d’appartenir à une famille. La “tribu européenne” évaporée. Le Rainbow Trout à Broad Oak. Le seafront. Le Mermaid Inn à Rye. Lui, surtout. L’odeur de ses cigares aussi. Ses coups de gueule. Ses plaisanteries. Le timbre de sa voix. C’est le seul homme qui, à ce jour, a été véritablement présent dans ma vie. Et il me manque.
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