Oct
09
Publié le 09-10-2008
Classé dans {cinéma, citations, lecture} par toli

Enfin ! J’ouvre Libé, section, Rebonds et je lis exactement ce que je dis du film “Entre les murs” depuis que je l’ai vu. Certes, je ne peux être neutre. Les collèges plus ou moins sensibles, plus ou moins difficiles, plus ou moins PEP IV, je connais. Merci à vous, chères professeures.

Entre les murs est un film. Une fiction. Ces derniers temps, on juge utile de le marteler aux oreilles susceptibles des enseignants, qui seraient prompts à y voir un reflet de leur quotidien et de leur pratique. Nous ne sommes pas susceptibles mais sensibles, comme les zones dans lesquelles nous enseignons, dès lors qu’une œuvre aussi ouvertement réaliste prend pour cadre une salle de classe. Si ce film, nous dit-on, ne parle pas de l’école, reste qu’il la montre. Et que voit-on ?

Entre les murs d’une salle de classe d’un collège réputé difficile, un enseignant et ses élèves parlent. Se parlent ? On aimerait nous faire croire que s’y joue l’apprentissage de la démocratie. A quoi d’autre pourrait bien servir cette libre circulation de la parole qui vient remplacer une banale transmission du savoir ? Mais l’affrontement verbal, ce n’est pas le dialogue. En effet, François Marin, professeur de français, semble concevoir sa classe comme un ring où il se mesure à des adolescents de quatrième. Le combat est inégal. Enseigner reviendrait à provoquer pour faire réagir. Tout devient prétexte : la durée exacte d’une heure de cours, des prénoms qu’il connaît déjà, sa supposée homosexualité… Mais réagir, ce n’est pas penser. Laurent Cantet ne met en scène que les moments durant lesquels «il se passe quelque chose». Cette facilité dramatique finit par dire que le cours n’a de valeur que dans ses dérapages. Sous couvert d’une fausse égalité, le professeur piège ses élèves en faisant mine de les prendre au sérieux, d’ignorer les sanctions auxquelles leurs réactions les exposent. Le combat est truqué. En fait de démocratie, c’est le règne de l’arbitraire. La libre parole n’est que dialogue de sourds qui culmine par l’exclusion définitive de Souleymane, victime d’un de ces dérapages incontrôlés et inexpliqués dont son enseignant a le secret.

François Marin, Socrate d’opérette, ne se donne pas la peine de livrer à ses élèves cette clé indispensable de la cité qu’est la maîtrise de la langue. Les en juge-t-il indignes ? Difficile de ne pas le penser en le voyant s’acharner à les emprisonner dans leur propre langage. L’imparfait du subjonctif n’est plus qu’un ornement suranné un peu snob. La compréhension de la syntaxe et son appropriation ne sont pas pour eux sans doute. La littérature non plus. Voltaire, c’est trop dur. Rimbaud n’est que l’occasion d’un exercice stérile de versification. Le Journal d’Anne Frank sera le seul livre montré à l’écran, ses derniers mots lus dans une apathie générale, commentés hâtivement par François Marin : pour une fois, on ne saura pas ce que ses élèves en pensent. La littérature reste hors les murs. L’émotion qu’elle suscite chez nos élèves est absente d’un film pourtant saturé d’affects.

Pour peu que la discussion devienne difficile et intéressante, François Marin quitte le navire. A Esméralda qui s’affirme française mais «pas fière de l’être», il ne sait répondre qu’un puéril «moi non plus». Une élève timide vient courageusement lui confier n’avoir rien appris durant l’année. Il a peur de l’entendre, d’admettre son désarroi de n’avoir rien compris, de voir son angoisse devant un destin, celui de la seconde professionnelle, qu’elle craint par-dessus tout.

François Marin cherche ses élèves. Mais cherche-t-il à faire cours ? Sa repartie et son ironie s’exercent contre eux et non pour eux. Ils s’en rendent parfaitement compte. Leur défiance permanente en témoigne. Ces plus de deux heures de film ne montrent pas un seul instant de transmission de savoir, ni de réflexion structurée. Laurent Cantet a raison : ce film n’est pas un film sur l’école, l’école que nous connaissons, celle où les professeurs font le pari de la réussite de leurs élèves, celle où la confiance peut s’établir. Heureusement. Nous aurions sans cela depuis longtemps quitté ses murs.

Sophie Audoubert professeure de lettres classiques au lycée Elsa-Triolet de Saint-Denis, Nadia Butaud professeure de français au lycée Georges-Brassens de Villeneuve-Le-Roi, Marie-Cécile Kovacs professeure de français au lycée Mozart au Blanc-Mesnil, Anne-Françoise Pasquier-Loué professeure d’histoire géographie au collège Elsa-Triolet de Saint-Denis et Larissa Paulin professeure de philosophie au lycée Georges-Brassens de Villeneuve-Le-Roi.

Libération > Rebonds > Société > 9 oct. 6h51
Professeures de zones sensibles entre les murs

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Jul
21
Publié le 21-07-2008
Classé dans {cinéma, citations, photos, société} par toli

Le cinéma, c'est un art. La télé, c'est un meuble.

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Jan
15
Publié le 15-01-2008
Classé dans {I love love England, cinéma, citations} par toli

Dans la nuit de lundi à mardi, j’ai rêvé d’enfants effrayants et d’un mur de briques. La raison ? Dans la nuit de dimanche à lundi, assis confortablement dans la pénombre, j’ai découvert un excellent film fantastique en noir et blanc : le Village des damnés, film britannique réalisé par Wolf Rilla, sorti en 1960.

Le village des damnés

L’histoire : à Midwich, quelque part en Angleterre, un village entier sombre pendant plusieurs heures du jour dans un sommeil profond. Au réveil, tout paraît normal. Mais quelques mois plus tard, toutes les femmes du village accouchent d’enfants surdoués, sans émotion, télépathes et au regard étrange…

Même si le film a vieilli par certains aspects (découpage des plans, mise en scène) et si certaines scènes prêtent à sourire, le suspense s’installe bien. Peu d’effets spéciaux. Un sentiment oppressant d’insécurité s’infiltre peu à peu. L’atmosphère intriguante du film repose essentiellement sur ces enfants très évolués. Leurs yeux, leurs cheveux blonds, leurs visages austères participent à l’impression de malaise tout au long du film. Ils ont aussi participé à mon cauchemar de lundi soir !

Le village des damnés

Je vous recommande ce petit bijou efficace et troublant du cinéma britannique.

People, especially children, aren’t measured by their IQ. What’s important about them is whether they’re good or bad, and these children are bad.

A brick wall… a brick wall… I must think of a brick wall… a brick wall… I must think of a brick wall… a brick wall… brick wall… I must think of a brick wall… It’s almost half past eight… brick wall… only a few seconds more… brick wall… brick wall… brick wall… nearly over… a brick wall…

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Jan
13
Publié le 13-01-2008
Classé dans {cinéma} par toli

Comme des voleurs (à l’Est)Un road-movie suisse à découvrir et à laisser mûrir avant d’en parler. Première impression en sortant de la salle plutôt mitigée. Difficile d’en parler en bien le lendemain. Pourtant en y repensant, j’ai apprécié ce petit film d’auteur, simple, direct, un peu brouillon, bourré de spontanéité.

Lionel Baier, c’est le scénariste et le réalisateur. Lionel Baier, c’est aussi le personnage principal du film : un Suisse homo, jeune écrivain, chroniqueur culturel à la Radio Suisse Romande, qui vit à Lausanne, avec Serge. Serge, quelqu’un de solide, tout l’inverse de Lionel. Son quotidien, sans doute trop tranquille, calme et routinier, ne lui suffit plus. Lionel doute, se cherche, se pose des questions sur qui il est vraiment, d’où il vient. Il semble même vouloir changer d’identité. Sa famille ne lui suffit plus. Il questionne son père, pasteur vaudois, sur ses origines. Seule réponse : “canton de Vaud”. Lionel entretient avec sa soeur Lucie des rapports privilégiés (à noter quelques petites perles au niveau des dialogues). Lorsqu’il apprend par hasard que son arrière grand-père était polonais, sa vie se transforme en un instant en une série de boulversements. Il est poussé à choisir une nouvelle vie. C’est sa soeur qui décide sur un coup de tête de partir “comme des voleurs” à la poursuite de leurs origines.

L’essentiel de l’action se passe alors sur la route. Chaque étape est ponctuée de lieux symboliques, d’aventures rocambolesques et de rencontres cruciales. Lionel rencontre Micha un jeune étudiant de Cracovie qui étudie le français, qui aime la vodka et les garçons. Les petites histoires du film permettent au frère et à la soeur de mieux se découvrir et de se trouver. On rêve tous d’une vie qu’on n’a pas. Le voyage en Pologne offre à Lionel cette nouvelle vie éphémère. Un temps fictionnel au milieu du réel. Une part de frissons dans une vie morose et rangée. Un cinéma de voyage initiatique.

Les gens que l’on croise sur la route permettent souvent de se réinventer, de se redéfinir, d’actualiser sa propre identité. Peu à peu, Lionel Baier parvient à modifier les frontières de vie de ses personnages. Il gomme leurs préjugés, modifie leurs sexualités, tire un trait sur leurs sentiments, range et dérange leurs identités dans un jeu de piste sans réelle fin.

Comme des voleurs (à l’Est) est le premier volet d’une tétralogie consacrée aux points cardinaux et à l’Europe. L’idée est de cartographier une Europe des sentiments. A suivre donc…
Comme des voleurs (à l’Est)

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Oct
29
Publié le 29-10-2007
Classé dans {expos & salons, théâtre} par toli

Comment dire à quelqu’un qu’on l’aime ? Comment on sort avec quelqu’un ? Et comment on embrasse avec la langue ? C’est quoi la masturbation ? Est-ce qu’on peut obliger quelqu’un à être amoureux ? C’est quoi l’homosexualité ? Est-ce qu’on peut obliger quelqu’un à être amoureux ?

Zizi Sexuel, l’Expo

Zizi Sexuel l’expoC’était un jour de grève à Paris il n’y a pas si longtemps, ça vous dit quelque chose ? Un jour où les Vélibs étaient pris d’assaut. Une petite heure de marche pour arriver à la Cité des Sciences pour découvrir l’expo Zizi Sexuel à destination des 9-14 ans. Une expo inspirée du Guide du zizi sexuel de Titeuf. L’inauguration avait eu lieu la veille. Autant le dire d’emblée, nous avons adoré, Tip Top Girl et moi. Cette expo, c’est un peu tout ce que tous les pré-ados ont toujours voulu savoir sur l’amour et le sexe sans jamais oser le demander. Et, en plus, c’est vachement bien conçu : ludique, interactif, évidemment didactique, très coloré, chaleureux. Le parcours est délimité en différentes zones : la chambre, le lit, la salle de bains, la salle de classe, la salle interdite aux adultes… Il y a des dizaines de machines extraordinaires pour apprendre tout en s’amusant. L’amouromètre pour connaître l’intensité des sentiments, savoir si on aime vraiment. On serre dans ses bras un gros coeur en peluche et en fonction de la force des chansons se déclenchent. L’essoreuse à langues pour s’entraîner aux bisous avec la langue. Le pubertomatic pour se voir transformé par la puberté, avec des poils, des muscles, un plus gros zizi aussi ! Il y a aussi le zizi piquet (la machine à érection), la machine à tirer des spermatozoïdes (la machine à éjaculation), la machine Zizi sexuel l'expo à la Cité des Sciences, Parisà prévention (la Ola des capotes), le love phone, etc. La machine à déclarations permet d’écrire un poème à son amoureux, ou bien l’inviter à un rendez-vous (Nous l’avons testé avec de vrais prénoms, et nous sommes ressortis avec nos petits papiers à distribuer!). Le quiz du Zizi Sexuel est à faire à plusieurs sur place, un grand moment ! (J’ai eu 14 sur 15, la honteuh… Dans l’expo, on apprend aussi à dire “je t’aime” dans plusieurs langues”. On découvre la typologie du “garçon de tes rêves” : groovy, voyou, frimeur, classse, musclé, fragile, etc. Et, petit bonheur, on découvre, allongé sur un lit, 6 minutes d’extraits de films “l’amour au cinéma” : Boys Don’t Cry, West Side Story, La Boum, Amélie Poulain, Jeanne et le garçon formidable, L’Auberge espagnole, Grease, Drôle de Félix, Jules et Jim, In the Mood for Love, Brokeback Moutain, Quatre mariages et un enterrement, etc. Dans la salle de bains, on s’est bien amusés à chanter, en karaoké, sous la douche : “I Will Survive”, “J’ai encore rêvé d’elle”, “On va s’aimer”. Trodrôle ! On nous entendait de loin ! Cette expo fait en une heure ce que l’école ne réussit pas toujours à bien faire malgré les textes officiels. Bon, et puis, je dois dire que j’ai appris un truc : lors d’une éjaculation, les spermatozoïdes sont expulsés à 30 km/h. Aïe !

Plan du sexe masculin Titeuf

 

 

Les monologues du pénis

Que serait l’amour sans pénis, sans un pénis de taille acceptable et qui fonctionne quand on le lui demande ?

Après un peu moins de 2 heures passées à l’Expo Zizi Sexuel et après un bon chocolat viennois sur les bords du canal, nous nous sommes dirigés vers Pigalle. Quelques verres de Chinon et de Julienas à “La cave à Jojo”, une assiette de charcuterie en guise d’apéro, en fond sonore LCI et le divorce de Sarko… Le bon repas bien arrosé au “jardin d’en face” nous a achevés ! Nous étions fin… prêts (!) pour une pièce de théâtre à 3 euros (merci BilletReduc.com) et placés au premier rang du théâtre de Dix heures. Du zizi au pénis.

Les monologues du pénis
Un intello, un homo, un macho. Trois amis d’enfance, Marco, Charles et Sylvain, se retrouvent par hasard à une réunion sur le pénis. En attendant le maître de cérémonie -qui n’arrivera évidemment jamais- ils vont tenter de répondre à toutes les questions que suscite la chose.” Pièce de Carlos Goncalves, mise en scène de Charles Seize. Avec Claude Jan, Benoît Doremus, Carlos Goncalve. Une pièce un peu fourre-tout : des histoires de pénis, tout sur le pénis, le pénis dans tous ses états. On découvre les péripéties amoureuses et/ou sexuelles, joyeuses (ou pas) de chaque personnage : les incidents ou soucis techniques, les joies rapides, les plaisirs intenses, l’Amour, le Sexe… Introspection, états d’âme et anecdotes teintés des parcours éducatifs, culturels et sexuels des trois personnages. On rigole bien gras. Et, c’est connu, le rire est communicatif. C’est un peu “ambiance cour de récré”. Ce qui est réussi, c’est l’interaction avec le public, et j’imagine que selon les soirs la pièce doit varier en fonction de la bonne volonté des spectateurs des premières rangées (très sollicités). Les personnages frôlent la vulgarité parfois. Ils jonglent plus ou moins bien avec les clichés. Les acteurs en font un peu trop mais sont efficaces et dynamiques. Après tout, pour une pièce en dessous de la ceinture, il ne fallait pas s’attendre à autre chose. Malgré quelques longueurs et deux ou trois monologues à n’en plus finir, on a passé un bon moment.

J’ai failli intituler ce post “Du zizi au pénis en Vélib“… Et puis, j’ai changé d’avis. Raconter, en plus, mon dépucelage de Vélib au beau milieu de la nuit, non, c’est trop pour un seul post !

Euh, je finirai, comme Titeuf :

tu veux pô m’aider à réviser ?”

:mrgreen:

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