Suite à un accident de voiture, un homme a perdu la mémoire. Depuis, il erre dans son appartement, vêtu dès l’aube d’un smoking mauve taillé dans les années 70. Une dame- assez énigmatique- est apparemment là pour prendre soin de lui, et le contraindre à recouvrer ses souvenirs, car il ne veut rien apprendre sur lui-même, son passé, ses goûts et ses amours. Mais elle voudrait faire la lumière sur les troubles circonstances de l’accident. Qui est-il ? Qui est-elle ? Que veut-il oublier ? Que veut-elle savoir ?
Lui : Il y a dans votre regard une certaine malice, je me souviens qu’on apparente cette malice en question à un aspect de l’intelligence…”…Lui : Elles allaient bien nos lèvres ensemble, non ?…Lui : SI tu savais combien je t’aime. Ma vie sans toi, tu sais, elle ne mérite même pas que je m’en souvienne.…Lui : Un amour, c’est une vie. Un grand amour, c’est toute une vie. Et il faudrait mourir après chaque histoire pour que la suivante ne porte pas le deuil de la précédente.…Lui : Ma vie, c’est la vie de tout le monde. Avec des hauts et des bas. Seulement mes hauts à moi, peut-être un peu plus hauts. Et puis mes bas, très bas.
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Et vous, pourquoi faites-vous l’amour ?
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Une photo prise ce midi, deux heures avant les premiers flocons de neige. J’aime cette vue de Paris. Plus j’observe la capitale depuis le sixième étage où je déjeune, plus je me l’approprie. Paris immobile. Paris, carte postale. Paris, calme. Je multiplie les photos, mois après mois. Selon les saisons, les détails varient : une cheminée qui fume, des ouvriers sur le toit, les fenêtres ouvertes, les rayons du soleil, la pointe de la Tour Eiffel qui disparaît… Ce midi, le mode aléatoire de mon ipod m’a transporté dans l’univers magnifique d’Eartha Kitt. Un petit signe d’actu. Elle chantait l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf.
Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer,
Et la terre peut bien s’écrouler,
Peu m’importe si tu m’aimes,
Je me fous du monde entier.Tant qu’ l’amour innondera mes matins,
Tant qu’mon corps frémira sous tes mains,
Peu m’importent les problèmes,
Mon amour, puisque tu m’aimes.
Drôle de journée. Si la terre ne s’est pas écroulée, le sol a tremblé. La vie est parfois d’un sordide ahurissant. A croire que chaque année à cette époque une mauvaise nouvelle s’impose. “De quoi nourrir les discussions des mois à venir”. Peu m’importent les problèmes…
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“Aimer, c’est plus que vivre“ : je reprends des extraits d’un article posté lors du festival Off d’Avignon cet été. C’était au théâtre des Amant, place du Grand Paradis. Rencontre, désir, passion, jalousie, exil, c’est l’histoire de ce couple mythique et mémorable qu’ont formé Juliette Drouet et Victor Hugo. Les affiches des couloirs du métro m’ont stoppé net il y a quelques semaines : “Victor Hugo, mon amour“. Je comprends que le titre a changé, que la pièce se joue en ce moment à Paris. J’y retourne la semaine prochaine. Je vous conseille vraiment ce spectacle – que vous soyez amoureux de Victor, amoureux (tout court !), futur amoureux ou amoureuse, profs de lettres, étudiant en littérature, touriste en visite à Paris.

“Victor Hugo et Juliette Drouet se sont aimés pour la vie. A la fois éclairée et écrasée par la gloire de Victor Hugo, la vie de Juliette Drouet fut une longue adoration et une longue souffrance. La correspondance des deux amants révèle une passion dévorante traversée d’orages. Mises bout à bout, ces lettres fièvreuses constituent le journal de bord de leur bonheur et de leurs querelles. De leur amour, il ne nous reste que la douceur et la violence des caresses qu’ils se sont données sur le papier des 40 000 lettres qu’ils ont échangé durant 50 ans. Bien plus qu’une simple lecture, l’enchaînement de scènes dialoguées d’après leurs écrits, met en scène les grands moments de leur vie intime, littéraire et politique.”
Ouvrir, lire, conserver, relire une lettre… autant de moments précieux dans nos vies quotidiennes. 84% des Français, toutes générations confondues, déclarent que recevoir un courrier papier est plus important que de recevoir un mail ou un S.M.S. Prendre la lettre en main, la toucher, la retourner pour identifier l’expéditeur ou le deviner à travers l’écriture, le lieu de l’expédition. C’est une alchimie presque magique qui fait naître une émotion et une relation pleine et entière avec l’expéditeur. C’est de cette magie et de cette émotion dont il est question dans le spectacle d’Anthéa Sogno. Sourire, rire, pleurer... L’écrit est au coeur des relations humaines, de l’information et de la culture. Un courrier est une pièce unique : loin du copié-collé, il est le reflet d’une âme et d’une écriture.
“Aimer, c’est plus que vivre” est une réussite originale et totale. Ce spectacle marque les grands moments de leur vie privée, littéraire et politique. Les dialogues ont été reconstitués en prenant une phrase de Juliette dans l’une de ses lettres qui répond parfaitement à une phrase de Victor, extraite d’une de ses lettres à lui. Ce spectacle, c’est un demi-siècle d’amour, un concentré de bonheur.
En 1833, Victor Hugo rencontre Juliette Drouet qui interprète le rôle de la princesse Négroni dans Lucrèce Borgia. C’est le coup de foudre. Elle abandonne sa carrière théâtrale pour se consacrer à son amant à qui elle voue un véritable culte. Elle accepte d’ailleurs toutes ses exigences, et vit quasiment cloîtrée, ne sortant qu’en sa compagnie. Elle l’appelait “mon Toto”. Elle lui écrivait tous les jours, deux fois, trois fois, pour lui dire qu’elle l’aimait. Comment dire sans cesse que l’on aime ? Elle joue sur tous les registres, change de rythme à volonté, souffre, gémit, pleure, pirouette, mord, caresse… Le jour où Juliette Drouet s’endormit pour l’éternité, ferma définitivement les yeux, il se passa une chose inouïe : Victor Hugo cessa d’écrire. Il ferma son encrier pour toujours. Juliette est reconnue, aujourd’hui, grâce à ses lettres, par les spécialistes, comme l’une des écrivains les plus brillantes de son siècle.

“Monsieur Hugo… Faire des compliments à celle qu’on aime est la première façon de faire des caresses, c’est une demi-audace qui s’essaye. Le compliment, c’est comme le baiser à travers le voile. La volupté y met sa douce pointe, tout en se cachant. Devant la volupté, le coeur recule pour mieux aimer ? Ce soir, je me donnerai à toi, toute entière !”
“Tu es tout pour moi, tu es le prisme à travers lequel m’apparaît la vie.“
“Ce soir je serai là… Ce soir parmi toutes ces lumières, il y en aura une qui s’allumera pour toi. Rendez-vous juste entre la lune et la terre, au dernier étage de la tour Eiffel. Tu me manques déjà… Je t’embrasse…”
“Ma chère Juliette, Et maintenant, prends mes bras pour l’étreindre, mes lèvres pour l’embrasser, mes regards pour le caresser, mes sourires pour le séduire et le souffle de ma vie pour lui dire encore ton amour et donne-moi tes mots pour déchirer le silence.”
“Rêve que je t’aime, rêve que tu es à moi, rêve que je suis à toi, rêve que je ne puis pas vivre sans toi, rêve que je pense à toi, rêve que je t’écris. A ton réveil tu trouveras que le rêve est réalité.”
“J’ai besoin de tes baisers pour mes lèvres, de ton amour pour mon âme. Tu es la nécessité de ma vie, si j’ai quelque génie, il me vient de toi.”
“Tes caresses me font aimer la terre. Tes regards me font comprendre le ciel.”
“Le 26 février 1802, je suis né à la vie. Le 17 février 1833, je suis né au bonheur dans tes bras. La première date, ce n’est que la vie, la seconde, c’est l’amour.“
Victor Hugo, mon amour, d’Anthéa Sogno
Compagnie Anthéa-Sogno
Mise en scène : Jacques Décombe
Artistes : Anthéa Sogno, Sacha Petronijevic
Comédie Bastille 5 rue Nicolas Appert 75011 Paris
Du mercredi au samedi à 19 h 30, dimanche à 17 h 30
Le site officiel : www.victor-hugo-mon-amour.fr
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