“Christophe est le plus beau de ma classe de troisième. Myriam est ma meilleure copine. Aziz est mon ami. Pascal est le souffre douleur de Momo qui le traite de tapette parce qu’il est petit, timide et pâle. Claire est une allumeuse. Cédric est le nouveau. Et moi, je suis qui là-dedans ? J’ai le même lit depuis que j’ai six ans. Je rêve de devenir ornithologue, de partir vivre dans une cabane en pleine forêt et de ne fréquenter que des oiseaux. Des oiseaux, au lieu des singes et des vipères du collège. Moi, je suis pas une bête, je suis une endive. Une endive en crise, incapable de supporter son reflet. Je suis debout dans le vestiaire, timide et pâle, avec dans les mains le short que Cédric m’a prêté parce que j’ai oublié le mien. Depuis qu’il est arrivé, mes notes chutent, mon coeur bat.” (présentation de l’éditeur)
La couverture du livre, postée sur le blog de Kangel, m’a attiré. En fait, la photo de couverture de Franck Juery. Je googlelise le nom de l’auteur. Je tombe sur son myspace et sur les sites de ventes de bouquins en ligne. Je commande son livre et je pars en vacances.
A Avignon, à l’angle du théâtre La Luna, une affiche m’attire. Un petit garçon dans un ciré rouge. Je retrouve le même nom Thomas Gornet. Je me renseigne. “L’oeil de l’ornithorynque” : “un petit garçon différent, à la recherche d’un ornithorynque qui lui a promis une vie meilleure. Peter Pan cabossé, il est enfermé dans sa chambre avec ses poupées de chiffons et ses souvenirs qui lui collent au cerveau : l’entrée au collège, le premier baiser, la mort d’une grand-mère, les goûters, les sorties à la piscine et au zoo, les fous rires à la récré… Une histoire tour à tour drôle et cruelle. À l’image de notre enfance à tous.” J’ai envie de voir la pièce mais c’est trop tard, elle ne se joue plus. Loupée de quelques heures seulement. J’aurais dû me lever plus tôt. Mais bon, samedi 28 juillet, c’était le début de mes vacances. { fesTi’Coulisses – reportage vidéo } L’oeil de l’ornythorinque.
De retour sur Paris, je découvre enfin ce roman pour adolescents publié dans une collection jeunesse dans ma boîte aux lettres. Je pense aux livres jeunesse de Christophe Honoré, à “l’Amant russe” de Gilles Leroy, et à “J’apprends l’allemand” de Denis Lachaud. Le genre de livres que j’aurais aimé trouver dans le CDI de mon collège. En tout cas, j’espère que “Qui suis-je ?” se trouve en bonne place dans les bibliothèques. A l’âge où l’on apprend à se connaître, où l’on se cherche, où l’on forge son identité, des livres comme celui de Thomas Gornet permettent de grandir et de se contruire un petit espace bien à soi.
Morceaux choisis
“Je me suis toujours demandé ce que les gens entendent par “crise d’adolescence”. Je me demande si chez moi, elle ne se traduit pas comme ça : une endive incapable de supporter son reflet.” (p.30) “J’ai l’impression d’être un bip cardiaque rectiligne sur un écran d’hôpital.” (p.53) “Je me sens comme un arbre mort sur une plage désertique balayé par un vent sablonneux. Eh oui ! C’est beau, en même temps, comme image. Mais sur le moment, ça me fait une grosse boule d’angoisse dans la gorge et des pleurs dans la tête : je ne comprends rien à ce qui m’arrive.” (p.80) “Il faudrait que je lui dise ce que j’ai sur le cœur. Lui, quand il était amoureux de Claire l’année dernière, il m’en parlait tous les jours. Je pourrais faire pareil. Mais là, c’est pas pareil. Enfin si, c’est pareil. Pas complètement. Malheureusement. Pour moi c’est pareil, mais pour les autres je sens bien que ça sera différent. Et cette perspective m’angoisse terriblement.” (p.90-91)
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