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Remplir le Stade de France deux soirs de suite, ce n’est pas donné à tout le monde. Mylène Farmer l’a fait. La toute première Française a avoir réussi ce pari. Soit. Quant au concert, c’est, comment dire autrement, question de points de vue. Disons que c’était plus réussi que le dernier concert de Madonna dans ce gigantesque lieu. La barre n’était pas très haute.
Par quoi commencer ? Je ne suis pas un grand “fan de” Mylène Farmer. Je m’étais laissé dire qu’il fallait La voir en concert. Je m’étais laissé convaincre que je ne devais absolument pas manquer ses prochains spectacles, sous aucun prétexte. Alors le jour de la mise en vente des places, c’était l’anniversaire d’une amie “fan de”. Mon cadeau était tout trouvé : deux places. Dix huit mois plus tard, samedi 12 septembre, nous nous retrouvons donc pour ce moment tant attendu. Bon anniversaire Audrey.
L’ambiance de folie qui régnait à Saint Denis samedi soir était une expérience à vivre. J’ai passé un très bon moment, tout comme les 75 000 personnes présentes, toutes générations confondues. Beaucoup était au bord de l’hystérie. Côté spectacle, c’était un show bien préparé, réglé dans les moindres détails. A taille exceptionnelle, show exceptionnel ? Non. J’ai trouvé dommage que l’ampleur du lieu ne soit pas mieux utilisé. L’immense scène était nettement sous utilisée, surtout l’avancée au coeur du public. Pourquoi ne pas avoir profité d’un tel lieu pour adapter le spectacle ? Il y a avait un léger décalage assez gênant entre le son et les images projetées sur grands écrans. L’image était diffusée avant la sortie du son. Sur certains titres, on avait du mal à distinguer ce que chantait Mylène. Heureusement que le public hurlait plus fort qu’elle ! Le concert était rythmé par des tableaux successifs qui se sont succédés, comme pour toute artiste de son envergure : troupe de danseurs remarquables, couleurs vives, lumières travaillées et images projetées sur les écrans géants (je retiens les corps nus qui s’entremêlent sur “Pourvu qu’elles soient douces”), multiples changements de tenue de la star, mélange dosé entre atmosphère intime, moment romantique, session techno et vieux tubes populaires. Mention spéciale pour les élégants costumes conçus par Jean-Paul Gaultier. C’est vraiment ce que je retiendrai. Bravo Jean-Paul ! Je retiendrai aussi que certaines stars, comme certains enfants, savent pleurer “à la demande”, “sur commande”. C’est beau l’émotion quand c’est naturel à chaque concert, aux mêmes moments. Et au milieu du Stade de France coulait une rivière de larmes sur les notes du piano d’Yvan Cassar. Ainsi soit Mylène. Entre regards tristes et larmes sincères. La séquence émotion pour ce tout dernier concert de la tournée, ce fut à la fin de “Rêver” lorsque tout le stade s’est mis à souhaiter un “joyeux anniversaire” à celle qui fêtait ses 48 ans. Un moment d’émotions partagées, sans moi. Le Stade de France a sans aucun doute désenchanté une partie de la ferveur magique du Mylène Show. C’est la deuxième fois que je me promets de ne pas remettre les pieds au Stade de France. Il faudrait qu’on m’aide à m’en souvenir.
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