
“J’ai toujours cru que certains endroits sont des aimants et que vous êtes attiré vers eux si vous marchez dans leurs parages. Et cela de manière imperceptible, sans même vous en douter. Il suffit d’une rue en pente, d’un trottoir ensoleillé ou bien d’un trottoir à l’ombre. Ou bien d’une averse. Et cela vous amène là, au point précis où vous deviez échouer.” p.18
“Dans ce flot ininterrompu de femmes, d’hommes, d’enfants, de chiens, qui passent et qui finissent par se perdre au long des rues, on aimerait retenir un visage, de temps en temps.” p.19
“Pour moi, l’automne n’a jamais été une saison triste. Les feuilles mortes et les jours de plus en plus courts ne m’ont jamais évoqué la fin de quelque chose mais plutôt une attente de l’avenir. Il y a de l’électricité dans l’air, à Paris, les soirs d’octobre à l’heure où la nuit tombe. Je n’ai pas le cafard à cette heure-là, ni le sentiment de la fuite du temps. J’ai l’impression que tout est possible.” p.24
“Je préfère remonter à pied les Champs-Elysées un soir de printemps. Ils n’existent plus vraiment aujourd’hui, mais, la nuit, ils font encore illusion.”
“Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n’y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d’été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L’Eternel Retour.”
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“… Je suis né dans la France du XXe siècle. Il n’y a plus d’aventure pour les mecs comme moi. Plus rien à conquérir, le pays se replie, les fenêtres se ferment, on amène les couleurs. Nous sommes des demi-soldes avant même d’avoir combattu. Aucune importance, il nous reste les femmes. C’est marrant, les femmes. On se promène parmi elles comme dans un pays à la fois étranger et familier, incapable de les comprendre comme de s’en passer.” (p.16)
“Moi aussi, j’ai mis une cravate. La cravate, comme un tuteur, c’est fait pour se tenir droit. Une colonne vertébrale qu’on aurait devant. Sans cravate, tu deviens tout mou.” (p.40)
“Ceux qui ne boivent pas, je m’en méfie. Ils craignent de perdre le contrôle d’eux-mêmes, et pourquoi donc ? Qu’ont-ils à cacher ou plutôt, que craignent-ils de révéler ? (…) Si vous voulez réussir dans la vie, vous devrez aussi apprendre à boire.” p.41
“… J’ai appris les vertus du vin, et comment il rend la vie plus intense parce qu’il donne la force et la légèreté pour briser ou passer les obstacles. Le vin éclaire, enflamme, adoucit, embrume…” p.42
“Faites sentir à quelqu’un qu’il est drôle, il vous aimera pour la vie.” p.43
“Baiser, c’est prendre du plaisir avec son corps et un autre corps. C’est comme monter à cheval. Ou jouer au tennis. Ou danser. C’est amusant. Charmant. Léger. Délicieux. (…) Ca n’engage que le corps. La tromperie, parfois, consiste à y mettre des sentiments. Mais faire l’amour, c’est reconnaître en l’autre une part de soi-même : une part qui nous manquait. On éprouve des sentiments si forts qu’ils ne peuvent s’exprimer que par des gestes. Cette part qui nous manquait et qu’on a trouvée en l’autre, c’est la part d’éternité.” p.63
“…. Aujourd’hui, les galériens de l’amour, c’est plutôt les gens mariés. (…) Le mariage m’est alors apparu comme un meurtre légal. Comme une possibilité d’asphyxier son conjoint, de lui voler sa personnalité, de l’empêcher de s’épanouir. Au mieux, un limage de dents; au pire, un meurtre : homme et femme ne font plus qu’un parce que l’un a tué l’autre pour sauver sa peau. C’est par peur de la vie que la plupart des gens aiment le mariage. Protection contre la solitude, le mariage est un arrangement. Pas une passion.” p.65
“La passion, Camille la veut en alcool, pas en tisane. En effusions, pas en infusion.” p.71
“Chaque minute qui passe est à la fois une heure dont elle goûte chaque instant et une seconde. Un verre d’eau est pour elle aussi enivrant qu’un verre de vin, et le vin aussi simple que l’eau.” p.78
“L’amour sans jalousie, c’est tout de même ce qu’on a fait de mieux. C’est l’alcool sans cirrhose, le sport sans compétition, le tabac sans toux, la politique sans centristes, la religion sans évêque, la littérature sans palmarès, les femmes sans corset, l’école sans pions; c’est l’extase, l’aventure et la liberté…” p.147
“Aimer, c’est être plus grand que soi, puisqu’on n’aime pas pour soi-même, pour son confort ou son plaisir, mais pour le plaisir et confort de l’autre.” p.177
“Les liens de famille, ça n’existe que pour se les passer autour du cou et s’étrangler. Sinon, c’est juste un truc qu’on s’invente pour ne pas avoir peur, pour ne pas avoir froid, pour ne pas être seul.” p.182
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“Des gens qui aimeraient sortir de leur condition, il y en a partout autour de moi. Ils rêvent. Ils font la queue dans des bureaux pour voir ce qu’on leur propose, et se satisfont de ce qu’on leur donne. Ils espèrent le festin et se contentent des miettes.” p.19
“Je veux ne rien demander à personne, ne pas avoir de comptes à rendre.” p.19
“La famille, on n’en sort pas comme ça. On met des siècles à s’élever.” p 20
“La solitude que j’ai protégée toute l’année me pèse. Dans mon lit, j’ai besoin de quelqu’un. D’être pris dans des bras, de sentir un souffle, des draps tièdes, un corps souple et chaud à côté du mien.” p.66
“Si on voulait choquer les filles des roseaux, il fallait leur parler d’amour. ça les bloquait. Toujours prêtes à vous sucer, jamais à vous aimer. Conter fleurette, c’était pere de temps. L’amour était juste un truc dont elles avaient entendu parler. Un truc pas net. Le solide, pour elles : la baise et le mariage, leurs deux passions. Malheureusement, je suis un sentimental. Comme disait l’autre : je ne donne pas mon âme sans mon corps ni mon corps sans mon âme.” p.67
“C’est comme ça avec les hommes, se dit-elle : on commence par battre des cils, on finit par battre les tapis.” p.82
“Mais Edmond ne veut pas se tenir à carreau pour qu’on garde un bon souvenir de lui. Il ne va pas s’emmerder toute sa vie pour qu’on dise, à son enterrement, qu’il était un chic type” p.83
“- A quelle heure viens-tu ?- Dès que le champagne est à bonne température” p.109
“Je l’aime cette plage. Elle varie tout le temps et ne change jamais. C’est un miroir sur lequel se reflètent les humeurs du ciel et des nuages, du soleil et du vent. La plage, seule, est imperturbable, elle s’en fout et reste là. Elle a bien raison, c’est une leçon pour la vie, et c’est ma devise : il faut s’en foutre et rester là.” p.157
“Nous n’arrivons pas à nous quitter. Nous nous aimons tant que nous nous aimantons.” p. 160
“- Que voulez-vous, c’est ça vieillir. On s’isole, on vit dans ses souvenirs, on voit toujours les mêmes gens, on perd contact avec le monde et les réalités. On n’a plus de temps à perdre surtout.” p.217
“Ce que mon frère a vécu, Balzac l’avait raconté. Il faut choisir entre l’amour et le mariage. L’amour est un sentiment, le mariage un contrat. L’amour est un feu, le mariage un seau d’eau. Le mariage, c’est l’amour mis en prison par la société.” p.223
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Twenty years from now you will be more disappointed by the things that you didn’t do than by the ones you did do.
Mark Twain
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